Virginie Caron-Decroix : « En Belgique, comme ailleurs, n’oublions jamais leur sacrifice »

En présence de nombreux maires de la Somme et des autorités belges, Virginie Caron-Decroix a inauguré le samedi 25 août à Tintigny, dans les Ardennes belges, le panneau-mémorial co-financé par le Conseil départemental de la Somme en hommage aux 189 jeunes soldats du département qui ont perdu la vie le 22 août 1914 lors de la Bataille de Bellefontaine.

À cette occasion, notre élue a déposé une gerbe au nom du Conseil départemental et a remis à Benoit Piedboeuf, Député fédéral de la province du Luxembourg et Bourgmestre de Tintigny, un ouvrage sur le 1er jour de la Bataille de la Somme tiré de la fresque de Joe Sacco : des dessins poignants à découvrir au Centre d’interprétation du musée départemental de Thiepval.

>>> Cliquez ici pour visionner les noms, prénoms et communes des soldats de la Somme inscrits sur le panneau-mémorial

L’intervention de Virginie Caron-Decroix

« Mesdames, Messieurs les représentants des autorités belges,
Monsieur le Député fédéral et Bourgmestre de Tintigny,
Benoît Piedboeuf,
Madame la Députée suppléante,
Mesdames, Messieurs les élus belges et français,
Monsieur le président de l’association « de la Somme à Bellefontaine »,
Cher Xavier Becquet,
Mesdames, Messieurs les hauts représentants civils et militaires,
Mesdames, Messieurs, les représentants du monde patriotique,
Mesdames, Messieurs, les portes drapeaux, anciens combattants et familles de descendants de soldats,
Mesdames, Messieurs, en vos titres et qualités,
Mesdames, Messieurs,

C’est un plaisir, et un véritable honneur, d’être parmi vous pour cette commémoration émouvante en l’honneur des 189 soldats de la Somme tombés à Bellefontaine, où nous sommes rassemblés ce soir.

En préambule, je vous prie de bien vouloir excuser le président du Conseil départemental de la Somme, Laurent Somon, retenu par un engagement prévu de longue date et qui m’a demandé de le représenter, ce que je fais avec joie.

La Somme a été, au cours du siècle dernier, une terre de guerres, de batailles, de souffrances. En cette dernière année du Centenaire de la Grande Guerre, nous ne pouvons oublier les affres d’un conflit long et meurtrier, qui a marqué les mémoires de nos territoires.

« Nos », car nous oublions encore trop souvent que l’Histoire a commencé ici, à la frontière entre nos deux pays, le samedi 22 août 1914. L’un des jours les plus sanglants de l’humanité. En l’espace de quelques heures, plus de 25 000 militaires français y ont perdu la vie.

De ces combats, Bellefontaine fut une bataille dure, acharnée, pour ne pas dire une hécatombe. De 8h à 18h, successivement, une partie du village fut prise et reprise par les deux forces belligérantes. L’avantage reviendra finalement aux français. Les pertes sont immenses, de chaque côté : plus de 1000 tués, et 2200 blessés.

Parmi eux, de nombreux et jeunes habitants de la Somme dont nous nous souvenons, un siècle plus tard.

Ces « enfants du pays » s’appelaient Noël, Léon, Gaston, Louis, Charles, Camille, Aimé…
Ils habitaient Amiens, Mers-les-Bains, Cappy, Abbeville, Péronne ou encore Noyelles-sur-Mer…
Ils avaient tous entre 20 et 24 ans, fin août 1914…

Ultimes traces de ceux qui ont accompli leur mission avec bravoure et abnégation, ces 189 noms, inscrits sur le mémorial que nous venons d’inaugurer, nous inspirent à jamais hommage et respect.

La Grande Guerre occupe en effet, et doit occuper une place particulière dans notre mémoire collective.

Je profite de cet instant pour saluer la municipalité de Tintigny, l’ensemble des autorités belges, le Souvenir Français et bien évidemment saluer le travail remarquable de l’association « De la Somme à Bellefontaine » pour ses recherches et son engagement dans le devoir de mémoire auquel je suis, en tant que Conseillère départementale du canton d’Albert – terres meurtries de la Bataille de la Somme – particulièrement sensible.

Le Département a accompagné financièrement l’aboutissement de ce projet, hors de nos traditionnelles frontières, et permettez-moi d’en être très fière.

Mesdames, Messieurs, la responsabilité qui est la nôtre aujourd’hui est de nous souvenir. C’est le sens des manifestations organisées durant ces 4 dernières années, avec le concours des associations patriotiques, des services de gestion des sites et l’appui des autorités étrangères, comme aujourd’hui.

En entamant, dès 2019 et la fin du Centenaire, un nouveau cycle mémoriel, notre responsabilité sera également de transmettre et de préserver les paysages et les sites de mémoire, derniers témoins « physiques » de la Grande Guerre.

À ce titre, les cimetières militaires de Tintigny font partie des lieux funéraires et mémoriels de la Première Guerre Mondiale candidats à l’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Une nouvelle réunion de travail est d’ailleurs programmée à ce sujet le 27 septembre prochain.

Sachez que le Conseil départemental de la Somme et l’ensemble des partenaires, français comme belges, restent pleinement mobilisés en vue de ce classement qui valorisera la mémoire vivante, pacifique et partagée qui s’est développée sur les sites de mémoire.

Voilà ce que je souhaitais vous dire ce soir à l’issue de cette commémoration…

Avant de conclure mon propos, je tenais une nouvelle fois à vous remercier, chers organisateurs, pour votre invitation. Cette action concourt au souvenir de nos jeunes soldats samariens, tombés au front, mais aussi à une vision porteuse d’avenir et d’ouverture, 100 ans après cet événement majeur qui changea la face du monde.

N’oublions jamais leur sacrifice.
Vive l’amitié qui nous unit ; Vive la Paix qui nous protège.
Je vous remercie »

La cérémonie en images