BP 2018 | Hubert de Jenlis : « Pour la première fois depuis 2012, le Conseil départemental va se désendetter »

Cette semaine a lieu l’examen et le vote du Budget Primitif (BP) du Conseil départemental de la Somme pour l’année 2018. Hubert de Jenlis, 1er Vice-président en charge des Finances, du fonctionnement et du patrimoine départemental et par ailleurs président du groupe Centre & Indépendants a tenu à rappeler les engagements de notre majorité sur le mandat et a souligné les signes concrets montrant le redressement de la collectivité.

Texte de l’intervention :

« Monsieur le Président,
Mes Chers Collègues,
Mesdames et Messieurs,

Nous sommes réunis ce jour pour un rendez-vous important : le Budget Primitif pour 2018.

Force est de constater que les résultats obtenus sont en tout point encourageants. Les chiffres parlent, ils démontrent que les choix que nous avons fait et les orientations politiques que notre majorité a décidé de porter sont efficaces.

En effet, nous maintenons 75 millions d’euros d’investissement, les épargnes de la collectivité ont été restaurées et devraient atteindre 11% pour cette année, ce qui est au-delà du seuil prudentiel des 10% admis. Avec cet effort, la capacité de désendettement devrait être ramenée à 4 ans dès 2018.

Ces résultats sont encourageants, ils sont le fruit d’une gestion courageuse et rigoureuse, et du dynamisme de certaines recettes comme les droits de mutation.

En 2018, pour la première fois depuis 2012, je dis bien pour la 1ère fois depuis 2012, le Conseil départemental va se désendetter et je tiens à remercier les services et l’ensemble des agents du Département.

Grâce à leur engagement et leur sens du service public, un euro dépensé est aujourd’hui un euro utile pour les habitants !

C’est une prouesse, et croyez-moi, ce n’est pas évident, cependant c’est un exercice indispensable pour la « survie » de notre collectivité bien souvent malmenée et victime d’une conjoncture économique particulièrement défavorable.

Mais nous sommes toujours là ! La tête hors de l’eau !

Aucune politique n’a été sacrifiée. En revanche des économies ont été réalisées branche par branche, ligne par ligne, dans tous les secteurs d’activités du Conseil départemental.

Le BP pour 2018 s’articule autour de 7 engagements qui nous tiennent à cœur et devant vous, nous nous sommes engagés :

Le Budget 2018 prouve, s’il en était besoin, que nous sommes au rendez-vous. Avec plus de 60% de notre budget de fonctionnement consacré aux politiques sociales, nous sommes aux côtés des plus fragiles pour les accompagner.

En effet, ce sont 342 millions d’euros qui seront consacrés aux personnes âgées, aux personnes en situation de handicap, aux familles et aux personnes les plus vulnérables. Plus précisément, le BP pour 2018 s’équilibre en dépenses et en recettes, hors crédits prévus pour le réaménagement de la dette à 690 millions d’euros.

Les dépenses de fonctionnement, hors imprévus, s’élèvent à 540 763 278 euros, et grâce aux efforts réalisés, on observe une baisse de 2% par rapport à 2017, soit 14 millions d’euros d’économie sur notre fonctionnement dont une réduction de la masse salariale de 1,07% – l’évolution des processus, le développement de nouveaux outils ou encore la rationalisation sont des pistes sérieuses qui ont été abordées avec un esprit constructif lors des négociations avec les représentants syndicaux – je les remercie sincèrement de nous aider à réaliser ce défi.

En parlant des économies réalisées, je vois déjà l’opposition bondir et nous faire des reproches, dire que nous avons pris de mauvaises décisions, que les chiffres sont erronés, qu’on aurait pu faire autrement…

Tout ceci, nous l’avons déjà entendu et encore une fois, force est de constater que notre gestion est saine et rigoureuse.

Nous sommes responsables, proches des plus vulnérables et nous n’augmentons pas le taux des impôts pour la 3ème année consécutive.

Depuis notre élection en 2015, comme nous nous y étions engagés, ils n’ont pas augmenté. Nous n’appliquerons pas ici les vieilles recettes du passé.

Augmenter les impôts c’est pénaliser les plus fragiles, les classes moyennes, augmenter les impôts c’est céder à la facilité et ce n’est pas notre marque de fabrique.

Nous n’avons pas attendu la loi de programmation des finances publiques pour 2018-2022 adoptée le 21 décembre dernier pour maintenir le développement de nos politiques publiques.

Comme vous tous, je défends l’efficacité et la proximité et pour cela, nous devons imaginer, adapter et réformer !

Réformer, c’est gouverner, c’est avancer, c’est être moderne.

Nous n’avons pas peur de regarder devant nous et nous saurons affronter les vents contraires pour garder le cap jusqu’à la fin de la mandature.

S’agissant des recettes de fonctionnement, elles sont en légère baisse, de 0,77%. Cela est dû en partie au transfert de la compétence transport à la Région des Hauts-de-France.

Après une baisse record de plus de 12 milliards d’euros de dotations depuis 2011, les collectivités, déjà bien asphyxiées, voient cette année une pause dans la stratégie « hollandaise » de leur imposer un corset de fer…

Je ne vais pas ici vous dresser une liste à la Prévert de ces recettes et des hypothèses d’évolution qui ont été retenues. Vous en trouverez le détail dans les rapports. Je vais cependant vous précisez qu’elles ont été, cette année encore, évaluées de manière sincère et prudente.

Les efforts de gestion et de réduction des dépenses de fonctionnement permettent de maintenir un niveau d’investissement, hors dette, de 74 609 692 €. C’est essentiel pour soutenir l’emploi local et l’activité économique locale.

Le budget primitif 2018 est ainsi marqué par l’évolution significative des crédits d’investissement au titre des opérations sur les bâtiments départementaux. Sans vous en donner une liste exhaustive, cette année verra le début des travaux relatifs à la restructuration de l’ESPE (ex-IUFM) mais aussi les travaux à réaliser dans les MDSI et CDER.

Les travaux dans les collèges sont cette année encore une priorité de la majorité départementale. La finalisation des études de rénovation énergétique et le lancement des travaux du collège de Nouvion-en-Ponthieu, les travaux relatifs à l’extension du collège de Villers-Bretonneux, les travaux relatifs à l’extension – restructuration du collège de Bernaville, le démarrage des travaux pour l’extension-restructuration du collège d’Ailly-le-Haut-Clocher sont ainsi programmés.

Ce niveau d’investissement se concrétise également dans les autres domaines relevant des compétences du Conseil départemental et en particulier les infrastructures départementales et l’aménagement numérique du territoire.

À titre d’exemple, la réalisation d’un carrefour giratoire pour faciliter et sécuriser l’accès à Amazon sur le Pôle Jules Verne, et le lancement des travaux et acquisitions foncières pour la desserte du CHU à partir de la rocade Sud d’Amiens sont au programme 2018.

Concernant les subventions d’investissement versées à nos partenaires, elles augmentent légèrement en 2018 pour atteindre 25 767 152 € à comparer aux 25 380 900 € au budget 2017. Je tiens plus particulièrement à souligner l’effort réalisé cette année encore au titre de notre politique agricole avec des crédits d’investissement qui augmentent significativement.

Nous soutenons les activités liées à l’élevage, l’emploi agricole et bien entendu les activités économiques en milieu rural.

Chers collègues, je pourrais multiplier les exemples d’investissements qui auront lieu en 2018, ils sont nombreux et oui, ils démontrent très concrètement l’ambition que nous portons.

Pour assurer le financement de ce programme d’investissement maintenu à un niveau conséquent, à savoir 75 millions d’euros et au regard des résultats que nous pouvons estimer à la clôture de gestion 2017, il est proposé de recourir à un emprunt d’équilibre de 28 millions d’euros.

28 millions d’euros, c’est exactement le montant que nous remboursons en capital ce qui veut dire que notre collectivité maintient ainsi son encours de dette malgré un niveau d’investissement élevé.

Mieux, la majorité départementale propose, comme je l’ai évoqué dans mon discours liminaire, de réduire son encours en prélevant sur les résultats 2017 la somme de 10,5 millions d’euros.

Penser l’avenir de notre jeunesse, ce n’est pas la laisser payer les additions du passé.

Voilà, je ne voudrais pas être beaucoup plus long, il me reste à vous remercier de votre attention.