Virginie Caron-Decroix : « Remplir ensemble cette mission essentielle dans l’intérêt supérieur de l’enfant »

Virginie Caron-Decroix, Vice-présidente du Conseil départemental de la Somme en charge de la protection de l’enfance et les acteurs œuvrant dans ce domaine étaient réunis à Amiens ce jeudi 21 décembre 2017 afin de procéder à la signature du Protocole départemental de coordination de prévention et de protection de l’enfance. Préparé par les trois signataires historiques (Éducation nationale, autorité judiciaire et Conseil départemental), ce protocole est aujourd’hui élargi à une cinquantaine d’autres signataires et traduit la volonté d’une meilleure connaissance commune des problématiques de l’enfant en danger, pour mieux les aborder et les traiter.

Elle a également été l’invitée de France Bleu Picardie ce vendredi matin afin d’aborder la signature de ce protocole ainsi que les actions mises en œuvre par le Département dans les territoires.

Écouter l’interview :

Lire son intervention :

Monsieur le Préfet,
Monsieur le Président du Conseil départemental,
Cher Laurent,
Monsieur le Président du Tribunal de Grande Instance,
Monsieur le Procureur de la République,
Monsieur l’Inspecteur d’académie,
Mesdames, Messieurs, en vos titres, grades et qualités,
Mesdames, Messieurs, les signataires,
Mesdames, Messieurs,

Quelques mots rapides pour vous dire que je suis bien évidemment très heureuse d’être avec vous tous, ce matin, pour la signature de ce protocole départemental ici, à Amiens, qui traduit aussi et surtout la continuité de la démarche résolument partenariale entre le Conseil départemental et l’ensemble des acteurs œuvrant dans ce domaine.

Je vous remercie, Monsieur le Président, d’avoir introduit ce temps important. Vous avez rappelé l’historique et l’ambition de notre collectivité dans la prévention et la protection de l’enfance, et ce bien avant la Loi du 5 mars 2007 qui consacre le Président du Conseil départemental comme chef de file dans  le traitement des informations préoccupantes et qui définit, par ailleurs, le principe de subsidiarité entre l’autorité judiciaire et le Conseil départemental.

Plus récemment la Loi du 14 mars 2016, quant a elle, a souhaité renouveler l’action publique et la philosophie de la protection de l’enfance.

Elle comprend deux grands axes :

  • Améliorer à la fois la gouvernance nationale et la gouvernance locale de la protection de l’enfance ;
  • Mieux prévenir, repérer, prendre en charge et évaluer les besoins fondamentaux de l’enfant, ce qui se traduit par davantage de protection et de stabilité dans son parcours de vie.

En ce sens, le développement de la prévention reste un axe central de la protection de l’enfance et nous partageons bien sûr cette orientation.

Mesdames, Messieurs, par la signature de ce protocole de coordination pour les 5 prochaines années, nous soudons notre volonté de faire évoluer la politique publique de protection de l’enfance à partir d’un socle de valeurs communes de « bientraitance » tiré de la convention internationale des droits de l’enfant :

  • soutenir et promouvoir le développement de l’enfant ou de l’adolescent, entendu au sens large, dans le respect de ses droits, ses capacités et dans son meilleur intérêt ;
  • prévenir les difficultés auxquelles l’enfant peut être confronté qui compromettraient son développement ;
  • promouvoir le soutien au développement de la fonction parentale ;
  • prévenir les difficultés auxquelles les parents peuvent être confrontés dans l’exercice de leur fonction parentale et de leurs responsabilités éducatives.

L’adaptation des offres de services en faveur de la prévention et la protection de l’enfance ne peut se concevoir que par la connaissance juste des réalités  que  vivent  les  enfants  et  leurs  familles, notamment dans les rapports  qu’ils entretiennent avec le service de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) et ses partenaires.

Avec l’observatoire départemental de la protection de l’enfance, lancé en  mars dernier et qui comprend les représentants des services du Conseil  départemental ainsi que les nombreux acteurs dans la Somme qui apportent leur concours, nous contribuons par la signature de ce protocole de coordination à une meilleure connaissance des problématiques, pour mieux les aborder et les traiter.

Au niveau local, l’amélioration du repérage des situations de danger se traduit par une définition partagée de l’information préoccupante, appelée « IP », une formalisation du traitement et des modalités de transmission entre les acteurs.

Ce sont les services du Département qui sont chargés du recueil, du traitement et de l’évaluation, à tout moment et quelle qu’en soit l’origine, de ces informations préoccupantes relatives aux mineurs en danger ou qui risquent de l’être.

C’est la vocation même de la cellule départementale nommée Espace des droits de l’enfant, une cellule constituée d’une équipe de huit personnes. Je souligne ici l’impact précurseur de notre dispositif, créé en 1990 avec une ligne téléphonique ouverte 24h/24 et 7j/7.

Alors que les chiffres 2017 « consolidés » ne seront disponibles qu’en avril prochain, penchons-nous quelques instants sur ceux de l’année dernière.

  • En 2016 donc, 2551 nouvelles informations préoccupantes ont été reçues à l’Espace des droits de l’enfant, dont plus d’un tiers proviennent de témoignages individuels ;
  • Même si le courrier reste le mode de transmission le plus fréquent, plus d’un quart des signalements se font par téléphone et parviennent à notre cellule départementale ;
  • 27% des suites données bénéficient d’un accompagnement médico-social, notamment par nos services départementaux ;
  • Enfin, 62% des cas relèvent de violences sexuelles et 183 signalements concernent des situations de maltraitance, soit 1/3 de l’ensemble des signalements reçus…

Ces chiffres, bien évidemment, nous interpellent mais ne font que renforcer notre volonté, à tous, pour venir en aide aux enfants et aux jeunes en grande souffrance.

En tant que Vice-présidente chargée de la protection de l’enfance, permettez-moi avant de conclure mon propos de saluer les agents de la Direction Enfance et Famille du Conseil départemental. Je les remercie pour leur travail difficile et complexe, qu’ils accomplissent avec dévouement et professionnalisme au service des plus jeunes et des familles fragilisées.

Voilà, je ne serai pas plus longue…
Je tiens une nouvelle fois à vous remercier, Mesdames, Messieurs les signataires, pour votre présence et votre engagement quotidien à nos côtés dans cette mission essentielle de la prévention et de la protection, dans l’intérêt supérieur de l’enfant.

Je vous remercie.

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