Canal Seine Nord Europe : 70 millions d’euros pour tracer l’avenir du département

Lundi 19 décembre, à l’occasion du Débat d’Orientation Budgétaire (DOB) pour l’année 2017, les élus départementaux ont voté (sans le soutien des élues écologistes et du Front National) le protocole de financement et de gouvernance pour la réalisation du futur canal à grand gabarit Seine-Nord Europe, qui traversera l’est de notre territoire d’ici quelques années. Plus qu’une participation financière, c’est un engagement déterminant des collectivités, dont la Somme, dans un projet structurant majeur pour relancer et développer l’activité économique dans notre département.

Les collectivités locales présentes sur le tracé ont débloqué près d’un milliard d’euros pour la concrétisation de ce grand chantier. Conformément à nos engagements, le Conseil départemental de la Somme investit à lui seul 70 millions d’euros. Notons que la contribution de la région Hauts-de-France (complétée de 50 M€, soit 352,65 M€ au total) a permis de boucler le protocole de financement du projet, qui s’élève à 4,5 milliards d’euros.

Une voie pour l’emploi et le développement économique

Au-delà de relier les bassins de la Seine et de l’Oise à celui de l’Escaut, cette infrastructure traversant la Somme sur 53 kilomètres revêt plusieurs enjeux :

  • Un enjeu stratégique : ouvrir la France au réseau fluvial à grand gabarit du Nord et de l’Est de l’Europe ;
  • Un enjeu industriel : développer le long du canal l’agro-industrie et la logistique, grâce notamment à la construction de deux plateformes multimodales (à Nesle et à Péronne-Eterpigny), sans oublier les quais de transbordement (à Languevoisin et à Moislains) prévus sur le tracé ;
  • Un enjeu intermodal : le canal Seine-Nord Europe s’implantera dans la Somme au cœur des infrastructures routières (A1 et A29), de l’aéropôle Albert-Picardie et du nœud ferroviaire autour de la zone d’activités de la Gare TGV Haute-Picardie ;
  • Un enjeu environnemental et compétitif : permettre le transport de fret pouvant atteindre 4 400 tonnes par convoi (l’équivalent de 180 poids lourds) et ainsi diviser sensiblement le coût du transport, améliorant la compétitivité du tissu économique local ;
  • Un enjeu économique : le chantier mobilisera 3000 à 6000 emplois directs durant la phase du chantier, sans compter les milliers d’emplois indirects et les emplois induits, notamment dans le secteur du tourisme et des services. Une fois en exploitation, Seine-Nord Europe pourrait, selon Voies Navigables de France (VNF), générer jusqu’à 50 000 emplois pérennes liés aux activités logistiques le long du tracé, à l’horizon 2050.

Par ailleurs, les Conseils départementaux, compétents dans la mise en œuvre des politiques d’insertion pour le retour à l’emploi, ont été particulièrement vigilants à l’introduction de clauses spécifiques dans les marchés du projet. Le dispositif « Canal solidaire » permettra d’accompagner les personnes inscrites dans un parcours d’insertion professionnelle à consolider leur projet professionnel en partenariat avec les entreprises retenues sur le chantier.

Une dernière « écluse administrative » à passer

Les premiers travaux du canal à grand gabarit devraient débuter au 1er semestre 2017. La livraison du canal est aujourd’hui prévue à l’horizon 2023-2024. Il n’y a plus de retour en arrière possible. La nomination du président de la société de projet, crée en avril 2016, constitue la dernière étape administrative avant le démarrage du chantier. Un pari sur l’avenir, en Somme.

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Reportage de France Bleu Picardie (20 décembre 2016)

Retrouvez la réaction d’Hubert de Jenlis, 1er Vice-président du Conseil départemental de la Somme, au micro de France Bleu Picardie suite à la délibération officialisant l’engagement du Département de la Somme pour le canal Seine-Nord Europe :

« Nous soutenons cet investissement parce qu’il est porteur d’emplois et que la première des solidarités, c’est l’emploi. »

Soutien du Département de la Somme au Canal Seine-Nord-Europe from Hubert de Jenlis on Vimeo.

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Chiffres-clés du projet

  • Coût global du projet : 4,5 milliards d’euros
  • Financement : l’Union Européenne (1,8 Md€), l’État (1 Md€), la région Hauts-de-France (352,65M€), la région Ile-de-France (110M€), les départements du Nord (200M€), du Pas-de-Calais (130M€), de la Somme (70M€) et de l’Oise (100M€).
  • Longueur du tracé : 107,3 kilomètres, dont 52,9 dans la Somme
  • 7 écluses, dont celles d’Allaines (13,10 mètres de chute) et de Moislains (qui servira au raccordement du canal Seine-Nord Europe au canal de la Somme)
  • 3 ponts-rails et 56 ponts-routes
  • 4 plateformes d’activité, dont 2 dans la Somme (Nesle et Péronne-Eterpigny)
  • 6 quais de transbordement céréaliers et industriels, dont 2 dans la Somme (Languevoisin et Moislains)
  • 2 équipements touristiques prévus pour la plaisance, à Saint-Christ-Briost et Allaines
  • des ouvrages d’art exceptionnels, notamment dans le département avec la réalisation du pont-canal de la Somme qui enjambera la Somme entre Biaches et Cléry-sur-Somme, à l’ouest de Péronne. Ses dimensions seront impressionnantes : 1 330 mètres de longueur, 30 mètres de largeur et 24 mètres de hauteur, ce qui en fait le pont-canal le plus long du monde !