Pour le maintien du centre interdépartemental de déminage d’Amiens

L’Assemblée départementale a adopté, ce lundi 15 février, le vœu déposé par les groupes de la majorité départementale demandant à Monsieur Bernard Cazeneuve, Ministre de l’Intérieur, de ne pas donner une suite favorable à la note de la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion de crise (DGSCGC) qui propose la suppression du centre de déminage d’Amiens.

Pour le maintien du centre interdépartemental de déminage d’Amiens

Vœu déposé par les groupes Somme Droite et Indépendante
et Centre & Indépendants

Une note de la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion de crise (DGSCGC) propose au ministre de l’Intérieur la suppression de plusieurs centres interdépartementaux de déminage, dont celui d’Amiens.

Installé à la fin de la Seconde Guerre mondiale, le centre interdépartemental de déminage d’Amiens assure un rôle capital dans la sécurité des habitants de la Somme. Animés par la célèbre devise des centres créés par le Général de Gaulle, « Réussir ou Périr », les démineurs veillent principalement à la recherche, l’enlèvement et l’élimination des engins résiduels de guerre. Ils sont également chargés de neutraliser les engins explosifs improvisés et participent à la sécurisation des visites officielles ou des grands rassemblements.

Disposant d’une équipe de 8 personnes et d’un budget de fonctionnement modeste (20000 € par an), le centre amiénois intervient néanmoins quotidiennement dans les départements de la Somme et de l’Oise. Avec 1 035 interventions en 2014, c’est près de 40 tonnes de munitions explosives ou toxiques qui sont neutralisées chaque année (37 tonnes en 2015). Près de 80% de ces munitions sont retrouvées dans la Somme, théâtre particulier de la Grande Guerre. Beaucoup restent à découvrir, notamment dans la perspective des travaux du Canal Seine-Nord Europe, en particulier à Péronne et Moislains (ainsi qu’au niveau du Mont Renaud, à Noyon, dans l’Oise). Deux années de fouilles préventives dans le cadre de ce grand chantier ont déjà mis à jour 7 tonnes de munitions.

Outre les risques inhérents aux importantes quantités de munitions présentes dans nos sols et constamment mis au jour par les activités humaines (travaux, bâtiment, agriculture…), s’ajoute la menace terroriste. Quel message l’État souhaite-t-il envoyer à l’heure où cette menace n’a jamais semblée si vive et que le pays est plongé en état d’urgence ? La Somme s’apprête pourtant à recevoir des centaines de milliers de personnes, dont des personnalités officielles de premier plan dans le cadre des commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale.

Avec l’affectation des effectifs du déminage amiénois à Laon, Arras ou Versailles, les délais d’intervention dans la Somme et dans l’Oise seraient considérablement allongés. La logique d’éloignement des services de l’État, toujours au détriment des territoires les plus ruraux, aura aussi une incidence en matière de sécurité.

Les Conseillers départementaux de la Somme s’opposent donc à la fermeture du centre de déminage d’Amiens et demandent à Monsieur Bernard CAZENEUVE, ministre de l’Intérieur, de ne pas donner une suite favorable à cette note.